Présentation des 4 boussoles

Le modèle des boussoles propose d’explorer et d’accepter 4 paradoxes pour éclairer avec un angle de vue décalé différentes situations et nous guider dans nos actions, dans nos projets, dans nos accompagnements et dans l’animation de nos différents temps collectifs :

 

Proposer un cadre ouvert

Nous avons tous besoin d’un cadre clair, rassurant et suffisamment ouvert pour nous sentir libres et en confiance afin d’agir et oser.

“Pour me sentir libre, j’ai besoin d’un cadre”

 Nous avons besoin d’un cadre clair : un cap, des objectifs, des méthodes de travail, des règles du jeu, etc. partagés par tous…

…nous devons laisser ce cadre ouvert pour générer la confiance, la participation et la prise de risque (marge de manœuvre). 

Sans cadre, pas d’autonomie. Sans ouverture, pas d’initiative.

Deux exemples concrets :

  • si je commence une réunion trop cadrée et que je ne laisse pas de place au ressenti des participants ou à un thème plus urgent, les participants seront difficilement impliqués et engagés,
  • si je mets en place un nouveau mode d’animation, avec un panneau de management visuel par exemple, en imposant le format et le contenu des panneaux (par souci d’harmonisation), il est peu probable que les équipes adhèrent à la démarche…

Fédérer un collectif individualisé

Nous avons tous besoin d’être reconnu.e dans notre singularité et dans notre rôle pour nous impliquer et faire grandir le collectif.

 “Pour adhérer au collectif, j’ai besoin d’avoir ma place”

Nous avons besoin de travailler de manière plus collaborative, en associant les différents services, en étant plus solidaires (« ensemble on va plus loin ») et en encourageant l’intelligence collective (1+1=3)…

cela nécessite d’écouter les besoins individuels et les contraintes de chacun,
reconnaître chacun à sa juste valeur quels que
soient sa position et son rôle dans le collectif,
en transformant nos différences en richesses (les comprendre pour les rendre  plus complémentaires).

 Deux exemples concrets :

  • si je veux que chacun adhère et se sente impliqué.e dans une réunion, je dois tenir compte des besoins différents des participants : objectifs clairs et concis, structuration, bienveillance, animation ludique et dynamique (cf outil du DISC sur les préférences comportementales)
  • si je demande aux équipes de donner leurs idées, mais que dans la plupart des cas ce sont les idées des cadres qui sont retenues (et ce n’est pas caricatural…), il y a peu de chances que les équipes continuent de s’impliquer dans la résolution de problèmes ou l’amélioration continue… 

Prendre le temps d’être performant

Nous avons tous besoin de conditions propices et de temps pour gagner en performance durable.

“Pour aller plus vite, j’ai besoin d’avoir du temps”

La seule manière de mieux gérer son temps est de prendre le temps de l’analyser et de s’organiser… Prendre le temps de se poser, de respirer, savoir s’isoler pour créer des conditions efficaces de travail, prendre aussi le temps d’échanger de manière informelle avec les collègues et/ou les clients internes-externes…

…ce temps sera efficace s’il nous sert à identifier et atténuer nos voleurs de temps, à apprendre de nos erreurs en réfléchissant ensemble pour éviter qu’elles ne se reproduisent (retour d’expériences, débrief à la fin d’une réunion, etc.), dans des espaces équipés pour le travail collectif.

Deux exemples concrets :

  • si je veux m’assurer que la réunion convient à tous, et que chacun participe à sa réussite et à son amélioration, une bonne pratique consiste à prendre le temps, de temps en temps, de faire un débrief à la fin de celle-ci : qu’est-ce qui vous plait dans cette réunion, qu’est-ce qui vous plait moins et que souhaiteriez-vous améliorer… ?
  • comme première étape lors du lancement d’un projet de transformation qui va prendre du temps et demander l’implication des équipes qui sont déjà bien chargées, je peux les aider à identifier leurs voleurs de temps et/ou à solutionner quelques irritants pour diminuer leur incidence. Les personnes concernées auront plus de temps à consacrer au projet et comprendront par la même occasion que sortir la tête du guidon pour travailler sur le fond et en transverse est nécessaire et constructif…

Partager un rêve réaliste

Nous avons tous besoin de partager le sens du projet, de sentir qu’il est cohérent avec nos valeurs et que cela se concrétise dans des actions pour y adhérer et nous engager.

“Pour me projeter dans le futur, j’ai besoin que le présent avance”

Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre une perte de sens dans nos métiers et nos collectifs, nous avons besoin de rêver, de vision positive et audacieuse pour relever les défis d’aujourd’hui, pour raviver nos envies et que ce sens soit partagé par le collectif…

…pour cela, le sens doit être aligné avec la culture et les valeurs du collectif et des individus qui le constituent (cf Aligner les valeurs & la culture), il doit être traduit par des actions concrètes qui vont être réalisées petit à petit (pas à pas) et ses actions doivent être pleines de bon sens…

 Deux exemples concrets :

  • à l’issue d’une réunion où nous abordons des sujets de fond, parfois « perchés », formaliser dans un relevé de décisions ou plan d’actions simple et concis 2 ou 3 actions concrètes qui vont permettre d’ancrer ce sujet de fond dans le réel et de partager avec les équipes des actions visibles
  • pour vérifier que nos valeurs sont réellement structurantes dans nos actions, faire un petit exercice en équipe « Valeurs = croyances + comportements ». Cet exercice simple et puissant permet d’ancrer les valeurs dans le quotidien et de s’approprier les valeurs de l’entreprise dans un partage authentique et sincère…

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